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CPM secouriste

 

 

L’objectif de cette journée était d’aborder les aspects du secourisme en rapport avec notre pratique de la moto, soit :

 

  • la traumatologie (avec ou sans impact osseux),
  • la perte de conscience,
  • la signalisation.

1. Assurer sa propre sécurité

Guillaume a insisté à plusieurs reprises sur le premier aspect de la protection. Non pas la protection de la victime, mais notre propre protection.

« Si on est mort, on ne va pas pouvoir faire grand-chose ! »

Il s’agit donc, avant même d’aller se préoccuper de la victime, d’assurer sa propre sécurité ainsi que celle d’éventuelles autres personnes présentes.

À l’arrivée sur les lieux d’un accident, le premier choix qu’on aura à faire est l’endroit où on va stationner notre propre véhicule.

Dans un souci de sécurité (la notre), on se gare au delà de la victime (à peu près 50m), sur le coté de la route :

  • si on se gare en amont de la victime on s’expose à un risque de sur-accident;
  • si on se gare trop loin de la victime, on se trouvera en dehors du périmètre de sécurité (« zone de chantier ») qui sera mis en place par les forces de l’ordre.

On va donc prendre conscience de l’environnement, mettre les autres à l’abri, puis mettre en place un périmètre de sécurité :

  • Qu’est-ce qui se passe ?
  • Quels sont les risques que je cours ?

Attention à l’adrénaline qui risque de nous pousser à agir à la hâte, sans considérer les risques sur notre propre sécurité !

Enfin, pendant toute la durée de notre intervention, on gardera à l’esprit qu’on n’est jamais en sécurité et qu’il faut donc être toujours vigilant.

2. Protéger la victime

Si la victime est située sur une zone à risques (par exemple sur la voie de gauche d’une autoroute), il n’est pas question d’intervenir sur place.

CPM_janvier02tirageOn tentera au mieux une extraction d’urgence (je vais chercher la victime et je la traîne comme je peux sur le bas-coté), au pire, on n’interviendra pas si le risque pour notre propre sécurité est trop grand.

La question d’une extraction d’urgence ne se pose que dans le cas où le danger n’est pas maîtrisable (on ne peut pas intervenir pour le réduire).

Dans ce cas, on agit au plus efficace et on attrape la victime comme on peut, là où on trouve une prise ferme (chevilles, poignets).

3. Protéger les autres et sécuriser les lieux

Si d’autres personnes (non-victimes) sont présentes, les mettre en sécurité (de l’autre coté du rail de sécurité, en dehors de la chaussée).

Alerter les autres usagers de la présence de l’accident :

  • avec un triangle qu’on empruntera à un automobiliste,
  • avec un dispositif lumineux (bâton lumineux à casser, disque clignotant, ce qu’on a sous la main).

Ce dispositif d’alerte doit être installé :

  • idéalement 150m en amont de la zone d’accident,
  • en entrée de virage (même si la distance est supérieure) si l’accident est dans une courbe (toujours pour éviter les risques de sur-accident).

On éclairera la zone d’accident du mieux qu’on peut avec les moyens qu’on a (si une voiture est stationnée juste avant la victime, on utilisera ses phares pour éclairer).

4. Rassembler les informations nécessaires aux secours

Deux types d’informations vont permettre aux équipes de régulation de mettre en place la réponse adaptée à la situation :

  • les risques permanents,
  • l’état de la victime.

Les risques permanents sont tous les éléments qui représenteront un risque pendant la durée des secours :

  • produits dangereux (identifier le code danger – panneau en losange – et le code produit – panneau en rectangle),
  • animaux,
  • etc.

L’état de la victime devra être pris rapidement afin d’accélérer l’arrivée des secours. Il n’est pas question à ce moment de pratiquer des soins, il s’agit uniquement de faire un bilan rapide des fonctions vitales de la victime :

  • conscience,
  • saignement,
  • ventilation.

Pour évaluer l’état de conscience de la victime, lui donner des ordres simples (« ouvrez les yeux, serrez-moi les mains »), lui poser des questions simples et identifier des incohérences.

Pour trouver d’éventuels saignements, passer la main sur la victime et vérifier la présence de sang. Dans le cas d’un motard équipé, cette recherche est plus compliquée, il faut passer la main à l’intérieur de l’équipement.

Pour vérifier la ventilation, on va compter le nombre d’expirations dans un délai de 10 secondes. Pour cela approcher l’oreille de la bouche de la victime et analyser les signes :

  • bruit de ventilation,
  • souffle sur la peau,
  • mouvement de l’abdomen (contrôle visuel — attention à approcher la bonne oreille pour que les yeux soient dans le bon sens !)

Dans le cas d’un motard, pour vérifier la ventilation malgré le casque :

  • ouvrir la visière
  • poser la main sur l’abdomen.

Si la victime est sur le dos, sa langue risque de gêner la ventilation. Pour lui permettre de ventiler, basculer sa tête en arrière et tirer sur le menton pour ouvrir la bouche.

Une fois ce bilan établi, on peut appeler les secours. Si l’état de la victime change ensuite, les rappeler !

5. Alerter les secours

5.1. Qui appeler ?

112 (Numéro européen)
Arrive en général chez les pompiers


15 SAMU
Appeler ce numéro en cas de problème médical (problème avec les fonctions vitales)


18 Pompiers
Appeler ce numéro si l’état de la victime est compatible avec une prise en charge classique aux urgences d’un hôpital


Si on appelle le 15, on peut demander à se faire assister par téléphone en attendant l’arrivée des secours.

5.2. Que dire ?

Informations utiles :

  • notre nom,
  • les éventuelles formations aux premiers secours auxquelles on a assisté,
  • notre numéro de téléphone,
  • la nature du problème (description de l’accident),
  • les risques éventuels (incendie, explosion, produits chimiques, véhicule en équilibre, animaux dangereux),
  • la localisation précise de l’accident,
  • le nombre de personnes (préciser la présence de très jeunes ou très vieux),
  • l’appréciation de la gravité de l’état de chacune des victimes,
  • les éventuels premiers gestes effectués.

Pour localiser l’accident, on peut utiliser :

  • les bornes kilométriques,
  • les coordonnées GPS,
  • les conduites gaz qui sont repérées par des poteaux à chapeau jaune,
  • les pylônes électriques,
  • les téléphones sur le coté des voies SNCF, également présents de chaque coté des passages à niveau.

Attendre les instructions du centre de secours, ne jamais raccrocher de sa propre initiative, attendre qu’on nous y autorise.

6. Secourir la victime

6.1. Victime inconsciente

Sélect

Si la victime est inconsciente, on l’installe en PLS (position latérale de sécurité) afin d’éviter qu’elle n’avale sa langue (qui l’empêcherait de ventiler et risquerait de la noyer dans sa salive).

MPLS a 2 secouristesême si elle a une blessure au dos ou une jambe cassée, on privilégie le maintien des fonctions vitales.

 

Si la victime est une femme enceinte, on l’installe sur le coté gauche, car sinon le fœtus risque d’appuyer sur la veine cave et bloquer la circulation. (« La femme est mal à droite »)

6.2. Saignements

Si la victime saigne, on applique une compression sur la plaie (sauf en cas de présence de corps étranger ou de fracture ouverte). On maintient la compression jusqu’à l’arrivée des secours pour éviter que la victime ne se « vide ».

En cas de fracture ouverte, on peut faire un garrot. Attention :

  • un garrot entraîne une nécrose des tissus, ce n’est pas anodin, à ne faire qu’en cas de nécessité !
  • noter l’heure de mise en place du garrot (elle permet de déterminer le délai maximum d’intervention avant risque d’amputation), idéalement noter l’heure sur la victime;
  • un garrot se place au dessus de la plaie et sur un os simple (pas double).

Trois étapes dans la prise en charge d’une hémorragie :

  • j’appuie,
  • j’allonge,
  • j’alerte.

En cas de fracture et de douleur, soulager la victime en soulevant le membre jusqu’à trouver une position dans laquelle la douleur est moindre.

Ne pas tenter de remettre l’os en place.

6.3. Retirer le casque

Casque mobilisé

Maintien de tête jusqu’à l’arrivée des secours

Retirer le casque d’une victime n’a pas d’intérêt (sauf à vouloir installer du matériel médical, ce qui ne sera pas notre cas).

 

 

En revanche, les équipes du SAMU aimeraient trouver quelqu’un qui maintient la tête de la victime lorsqu’elles arrivent sur des lieux d’accident !

 

6.4. Problème de ventilation / fibrillation

Si la victime ne ventile pas, faire un massage (directement sur la peau).

Un massage parfait implique :

  • 2 compressions par seconde,
  • 5 à 6 cm d’amplitude.

Bref, un rythme que très peu seront capables de tenir.

Mieux vaut masser jusqu’à l’arrivée des secours à raison d’une compression par seconde que de faire 2 compressions par seconde et s’arrêter de fatigue au bout de 5 minutes !

CPM_rea

On arrête de masser toutes les 2 minutes pour chercher des signes de reprise de la ventilation.

Si la ventilation n’a pas repris, on recommence.

Si on trouve un défibrillateur (DAE), ne pas hésiter à l’installer.

Un DAE guide son utilisateur (en lui parlant), suivre les instructions.

Ne pas débrancher le DAE, même si la victime reprend conscience.

7. Quitter les lieux

Une fois que le relais aura été pris par les secours, on ne sort pas seul du périmètre de sécurité et on fait sécuriser notre sortie par les forces de l’ordre.

 

Comme chaque année nous adressons un grand merci à Guillaume du SAMU 75 (alias tazz77 sur le forum) qui anime bénévolement l’atelier dans les locaux du CESU 75.

Compte rendu réalisé par Sébastien

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