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Nous remercions tous Guillaume du SAMU 75 (alias tazz77 sur le forum) qui cette année encore a bénévolement animé cet atelier dans les locaux du CESU 75 avec utilisation des équipements appropriés.  Il y avait même la participation de son fils Théo dans le rôle notamment du blessé qui ne respire plus et ne répond plus … mais aussi pour la plupart des démonstrations.

Avec Guillaume, les nombreux « ça marche ?» et « faut savoir que … » ont permis d’éviter l’assoupissement des plus fatigués d’entre-nous.

Que dire d’autres ? Le site était toujours en travaux et d’un accès, disons … particulier mais on finit par s’y faire. Nous n’avons pas eu froid bien serrés les uns contre les autres. Et comme dit l’homme qui a encore plus faim que son ombre, le resto chinois ? ben c’était du chinois … Nous sommes nombreux à avoir essayé d’être rentrés pour 14h00 mais là .. porte close jusqu’à l’arrivée non pas de St Pierre de mais de St Jeff qui avait le code lui … L’après-midi, petit déficit de places assises, tant pis pour les derniers arrivés. Exercices pratiques de RCP et de DAS. Tout le monde n’y est pas allé mais ne croyez pas que c’était parce qu’il n’en avait RAB …  Je prie mon mannequin de bien vouloir m’excuser de lui avoir administré un massage disons … bien appuyé … En fin de journée, un petit tour vidéo à l’Isle of Mann, son TT et ses gladiateurs bondissants à motos roulant à 240 km/h de moyenne sur route par monts et par vaux. Après ? ben …  rangements des chaises, passage de l’aspirateur pour remise en ordre car, « faut savoir que …» Guillaume et ses collègues remettent ça cette semaine avec 5 ou 6 groupe de stagiaires. Ensuite, au-revoir les casimirs et au prochain CPM si vous le voulez bien !

 

Pour la partie plus sérieuse du CR, j’ai repris celui de l’année dernière que j’ai mis à jour de nouvelles précisions apportées cette année. J’ai néanmoins conservé en dernière partie quelques sujets intéressants abordés l’année dernière mais pas cette année, n’en soyez pas surpris.

 

Pierre alias Petof

 

A- Objectif du CPM:

Enseigner ou rafraîchir les connaissances des gestes qui peuvent contribuer au sauvetage de personnes impliquées dans un accident, principalement à moto.

B- Principes essentiels à retenir:

Moyen mnémotechnique : P.A.S

  • Protéger
  • Alerter
  • Secourir

 C- Protéger:

Il s’agit en premier lieu d’analyser et de comprendre les dangers, si possible de les neutraliser, mais surtout d’organiser rapidement la protection vis à vis de ces risques.

  1. Soi-même

Ce n’est pas de l’égoïsme mais du pragmatisme. En effet, c’est en étant opérationnel que l’on pourra le mieux contribuer. En premier lieu il convient de s’arrêter en sécurité en aval de l’accident, en réservant  une trentaine de mètres pour les véhicules d’intervention,  d’allumer ses « warnings » et d’enfiler un gilet à haute visibilité (son volume  est réduit et est donc transportable à moto).

  1. Les autres intervenants

Une situation d’accident génère souvent l’arrêt de plusieurs personnes. Il convient donc de gérer aussi leur mise en protection : arrêt en aval, occupants mis en sécurité loin de la circulation.

  1. La ou les victime(s)

Si la victime est exposée à un ou des risques durables, il faut la dégager rapidement ( maxi de 30 à 60 secondes) de la zone de risque en la tirant par les mains ou par les pieds en prenant soin de s’accroupir, d’utiliser son propre poids et d’éviter de solliciter son dos.

 Il faut ensuite organiser ou faire organiser le balisage de l’accident (les professionnels des secours parlent de « chantier ».) D’abord, il faut s’arrêter en aval de l’accident pour éviter une sur-collision. Ensuite, il convient de faire poser en amont  (sur la voie de l’accident) et en aval (autre voie) à au moins 100 mètres, des triangles de sécurité. Faire réserver l’espace nécessaire en amont pour un véhicule d’intervention qui pourra assurer un rôle de tampon et en aval pour les véhicules d’intervention des secours.

 D- Alerter:

Avant d’alerter, il faut avoir établi un « bilan d’ambiance » permettant d’être précis sur les points suivants:

  1. Donner le N° de téléphone utilisé et son nom

  2. Nature de l’accident (nombre et type de véhicules impliqués)

  3. Risques particuliers (ex: transport de produits dangereux et dans ce cas donner la référence numérique indiquée sur le(s) véhicule(s))

  4. Localisation précise (ex : point kilométrique ou hectomètrique indiqué sur le rail central d’une autoroute)

  5. Le nombre de victimes et la gravité de leur blessure en précisant si conscient ou pas, respirant ou pas, saignant ou pas

  6. Premières mesures déjà prises

Rester courtois et se laisser guider par l’opérateur si l’on sent que l’on panique. Ne pas raccrocher avant d’en avoir eu le top.

Une fois l’alerte passée on peut déléguer 2 motards aux 2 croisements (aval et amont) de l’accident pour faciliter le guidage des secours. C’est une bonne manière d’occuper utilement les « badauds » qui ne sont pas rare à s’arrêter.

Les N° d’alerte gratuits, quel que soit le type de téléphone :

  • le 18 Pompiers (généralement les plus rapidement sur place)
  • le 15 SAMU (les plus médicalement compétents)
  • le 112 (à utiliser de préférence en Europe hors de France)
  • le 911 (si l’on a beaucoup regardé les séries américaines …)

le 17 est réservé aux problèmes d’infraction et d’altercation

A terme, les différents centre d’appel et de régulation seront regroupés pour une plus grande efficacité.

A noter que l’appel d’urgence peut se faire par téléphone portable (même verrouillé et même sans carte SIM, à condition d’un minimum de couverture), ligne fixe, par borne d’arrêt d’urgence, cabine téléphonique et même téléphone sur voir ferrée.

 E- Secourir:

Cas d’une seule victime:

Un motard victime d’un accident essaie très souvent de se relever, d’enlever son casque et de relever sa moto. S’il est resté au sol et ne bouge plus, il est probable que la situation soit grave.

Assurer rapidement et en permanence le maintien de la tête en position légèrement inclinée en arrière, menton relevé et bouche entre-ouverte (se faire aider pour un maintien permanent)

  1. Se rapprocher de son visage, ouvrir sa visière, lui parler et lui presser la main pour vérifier son état de conscience . Des réponses incohérentes doivent être notée comme un signal à rapporter aux secours alertés.
  2. Dégrafer son blouson pour vérifier qu’il « ventile » (respire) bien, le mouvement régulier de son thorax étant le bon indicateur. Une respiration normale se traduit par 12 à 16 mouvements inspiration-expiration par minute.
  3. Déterminer par inspection méthodique, de haut en bas, avec des contrôles intermédiaires de ses mains pour localiser s’il y a hémorragie.
  4. S’il y a hémorragie, opérer une compression directe avec la main (boucher la plaie) et la maintenir jusqu’à l’arrivée des secours. Le traitement d’une hémorragie est la priorité absolue.
  5. Si la victime ventile mais n’est plus consciente, appeler à l’aide et alerter si ce n’est pas encore fait, la mettre en PLS (Position Latérale de Sécurité)
    Position latérale de sécurité
  6. Position latérale de sécuritéSi la victime ne ventile plus, il faut lui pratiquer une RCP (Réanimation Cardio Pulmonaire) car la victime est en risque voire est en arrêt cardiaque
  7. Ne jamais donner à boire à une victime sans accord d’un médecin.
  8. Si la victime se plaint d’avoir soif à plusieurs reprises, cela constitue une suspicion d’hémorragie interne. Il faut le signaler aux urgence, quitte à rappeler.
  9. Ne pas oublier de couvrir la victime de manière à éviter son refroidissement y compris en été (couverture de survie ou tout vêtement supplémentaire)

 

A noter que la pratique du bouche à bouche n’est pas recommandée pour des raisons d’hygiène et de risques de reflux gastriques de la victime. Si elle est néanmoins pratiquée, procéder à 2 insufflations toutes les 30 compressions de massage cardiaque.

 Réanimation Cardio Pulmonaire (ou massage cardiaque):

  1.  La victime doit être couchée sur un support rigide.
  2. Découvrir sa poitrine.
  3. Se mettre à genoux au plus près de la victime.
  4. Positionner la paume de sa main au milieu de son sternum et se servir de l’autre main en appui supplémentaire derrière sa première main.
  5. Pratiquer à bras tendus verticalement au dessus du sternum, des compressions énergiques d’une amplitude de 5 à 6 cm (ou 1/3 de l’épaisseur du thorax) à raison de 120/minute donc 2/seconde ce qui est rapide et fatigant. Il est donc souvent nécessaire de se relayer.
  6. Poursuivre tant que la respiration ne reprend pas régulièrement.
  7. Adapter l’amplitude du geste à la corpulence de la victime.

A noter qu’une personne, non professionnel de santé, ne peut être condamnée pour d’éventuels préjudices qu’elle aurait occasionnés à une victime secourue. En revanche, la non assistance à personne en danger tombe sous le coup de la loi.

 Retrait du casque:

Le retrait du casque entraînant la mort du motard n’a pas de fondement sérieux.

Il est néanmoins recommandé de vérifier l’intégrité du casque. Un casque abîmé doit inviter à la prudence quant à la santé de la victime.

Le retrait n’est a envisagé que s’il est vraiment utile.

Le retrait peut être opéré si la victime est consciente. Il faut opérer doucement en se plaçant à genou ou couché derrière la victime. Il faut d’abord dégrafer la sangle de maintien et tout dispositif pouvant faire obstacle au retrait. La déformation volontaire par compression de la coque du casque aide le mouvement .Il faut adapter les gestes afin que la tête soit maintenue jusqu’au complet retrait et ne tombe pas lors du retrait complet qui est facilité par une légère inclinaison finale vers l’avant.

Procéder à deux est souhaitable pour garantir un bon maintien de la tête pendant tout le mouvement.

A noter que tout casque ayant été l’objet d’un choc significatif (une chute à faible vitesse ou à l’arrêt peut entraîner un choc significatif) alors qu’il était porté, peut avoir subi des déformations au niveau de ses mousses internes, et doit donc être déclassé car il pourrait se révéler dangereux au prochain choc par défaut de capacité d’absorption. La chute accidentelle d’un casque n’est pas concernée par cette recommandation.

 Cas avec plusieurs victimes:

Ce genre de situation est très difficile à gérer pour des non-professionnels. Il faut retenir que les priorités se font souvent en faveur des victimes hémorragiques, puis celles qui ne ventilent plus et enfin les victimes inconscientes mais qui ventilent. A noter que les victimes les plus bruyantes sont rarement les plus gravement blessées.

En présence de plusieurs victimes hémorragiques, la compression à la main pourra être remplacée par des compresses en tissus (non élastique) doublée d’une boucle de serrage.

Ne pratiquer de garrot que dans des cas exceptionnels de membres coupés doublés d’hémorragie. Le positionner entre le cœur et la plaie en serrant sur un segment avec un seul os (ex: humérus). Indiquer l’heure SNCF, c’est à dire par exemple 23:00 et non 11:00). Le garrot est une technique dangereuse pouvant déboucher sur une gangrène une amputation.

Défibrillation avec DSA (Défibrillateur Semi Automatique):

La fibrillation est un dysfonctionnement  du cœur. La fréquence est très élevée et l’amplitude plus faible. Il s’agit d’une activité électrique anarchique qui peut entraîner la mort si elle perdure.

La défibrillation consiste à donner un choc électrique au cœur afin qu’il reprenne un fonctionnement normal.

Elle n’a généralement pas d’effet dans le cas d’arrêt cardiaque complet (signal asystolique). Ces cas se traitent par injection de produits ad-hoc.

Les DSA peuvent être utilisés par tout le monde. Il suffit de le déballer et de suivre les instructions. Il faut d’abord mettre le DSA en fonction pour qu’il délivre ses instructions parlées. Il faut poser les ventouses à même la peau : 1 sur sur le côté à proximité et sous le cœur et l’autre sur le devant de l’épaule droite (opposée). Il faut brancher le câble au DSA et d’attendre la consigne de déclenchement du choc électrique. Au moment du choc, il ne faut évidemment plus toucher la victime.

L’utilisation du DSA ne dispense pas de la  RCP qui doit se poursuivre en alternance, jusqu’à complète reprise de la ventilation.

Il conviendra d’être prudent en milieu humide, en présence de pièces métalliques ou de produits inflammables (risque d’étincelle).

Les DSA de dernières générations adaptent la puissance du choc à la corpulence des victimes (par analyse de la résistance électrique).

Chaîne de survie:

Dans les cas critiques, les chances de survie d’une victime d’accident dépendent d’une chaîne qui doit tenir dans le timing suivant :

  1.  Alerte précise : < 2 minutes
  2. Massage cardiaque (RCP) : < 3 minutes

  3. Défibrillation : < 5 minutes

  4. Soins médicaux précoces : < 8 minutes

Autres situations

Étouffements:

En présence d’une victime d’étouffement total (la victime ne peut plus émettre de son) ou partiel, il faut provoquer la toux de celle-ci.

Par exemple, en l’inclinant vers l’avant et en lui donnant 5 tapes vigoureuses au milieu des omoplates ou en le ceinturant par l’arrière au niveau de l’abdomen et en opérant une pression vers le haut (provoquer une pression de nature à expulser le corps étranger).

AVC (Accident Vasculaire Cérébral):

Les symptômes sont nombreux et un non professionnel ne peut qu’alerter le SAMU (le 15), si plusieurs de de ceux-ci apparaissent :

  • Mouvements perturbés
  • diction ou paroles incohérentes
  • visage déformé (asymétrie)

S’agissant des mouvements, les tests doivent être faits yeux fermés (ex: tendre les 2 bras à l’horizontal) afin d’éviter le reflex de compensation visuel.

 Malaise vagal:

Il s’agit souvent d’une brutale chute de tension avec perte ou non de la connaissance. Ce malaise est rarement grave. Il faut sécuriser la personne en position assise ou couchée et prévenir les secours les plus proches.

Enfants et nourrissons:

Les principales différences tiennent à leur morphologie. La mise en sécurité du nourrisson devra tenir compte de la forme de son crâne de manière à ne pas entraver sa respiration ou mettre sa trachée en compression. En cas d’arrêt de ventilation, un bouche à bouche peut être pratiqué avec précaution. Insuffler très peu d’air ( ½ volume de joue d’un adulte). Ne le faire que si aucun professionnel ne peut intervenir rapidement.

De même, une RCP ne doit être pratiquée qu’avec 2 doigts pour un nourrisson et 1 main pour un enfant.

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