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Même les plus pervers d’entre nous font parfois preuve de mansuétude. Ainsi après avoir longtemps hésité, nous avons renoncé à organiser un CPM pratique « freinage et virages » en ce premier jour de froid.

Nous avons rendez vous dans une salle prêtée gracieusement par la Mairie de Bry sur Marne pour notre condensé annuel de cours théorique : « Réglementation, Expérience et Virage »

Les températures sont faibles et l’air humide, ce qui convainc beaucoup de venir en 4 roues, nous les appellerons : « les pleutres ». Font partis de cette catégorie, tous ceux qui ont décommandés au dernier moment avec des excuses fallacieuses : « j’ai trop de travail », « ma grand mère de new york débarque », « j’ai 2 doigts cassés » …

Le reste de la horde vient en 2 roues, non sans se faire quelques frayeurs : plaques de givre, virages glissants, salage en cours 0_0′  . Nous les appellerons : « les preux » (ou inconscients). L’un d’entre eux n’arrivera jamais, un rond point glissant ayant raison de sa motivation et de quelques carénages de la FJR. Une seule personne viendra à pied, nous le nommerons : « Le couard »

Contrairement à nos craintes initiales, la salle est bien chauffée et équipée. Nous en profitons pour déguster le café, thé et petits gâteaux apportés par Mumu. Lorsque tout le monde (ou presque) est là nous commençons par la réglementation.

Cette partie est animée par Cédric et Jonathan, tous deux motards de la Police Nationale.  Nous abordons les thèmes spécifiques à la pratique de la moto et d’actualité :

Éthylotests obligatoires :
Céd nous explique les conditions d’utilisation : l’éthylotest doit être accessible rapidement (pas sous la roue de secours), dans un emballage scellé. John nous rappelle les précautions à prendre pour éviter les déconvenues : le taux d’alcool dans le sang continu à augmenter pendant 1h après la dernière prise d’alcool, donc si on est pas positif lorsque l’on se met au guidon, il n’est pas exclu qu’on le soit lorsque les forces de l’ordre nous contrôlent.
Une bonne nouvelle tout de même, les sanctions sont repoussées à mars 2013 en raison de difficultés d’approvisionnements.

Le concept de la ligne blanche :
C’est pas compliqué, on n’a pas le droit de la franchir ni de rouler dessus. Le chevauchement n’existant pas à moto, c’est 3 points et une amende.
En ce qui concerne la ligne de dissuasion, il semble que beaucoup ne se souviennent pas bien de leur cours de code… C’est donc une ligne discontinue rapprochée visant à interdire le dépassement à l’exception des véhicules lents : tracteur, moissonneuse batteuse, charrette à bras, et pas la mamie qui se traîne à 50km/h en ville lorsque c’est limité à 50…

Interfile :
Cédric nous explique que la pratique n’est pas interdite en tant que telle. Par contre nous pouvons être sanctionné pour  :
– Un dépassement par la droite : Or il est autorisé dans les cas où le véhicule devant a clairement indiqué sont intention de tourner à gauche, ou dans le cas de circulation sur des files de véhicules ininterrompues (cas le plus courant sur les autoroutes urbaines).
– le non respect des distances de sécurité : Cependant à moins de faire des zigzags, le véhicule qui nous précède dans l’interfile est un autre 2 roues et non les véhicules que l’on dépasse.
– Vitesse excessive eu égard des circonstances : bah y a pas grand chose à faire, c’est à l’appréciation de l’agent verbalisateur.

En gros, le conseil qui nous est donné est de ne pas rouler plus de 30km/h au dessus de la vitesse des autres véhicules et de se remettre dans une voie lorsque la vitesse dépasse 70 km/h,  de ne pas slalomer entre les files, de ne pas considérer la route comme notre propriété (pas de klaxon, de plein phare, de gestes injurieux, d’accélération rageuses…). Lorsque l’on roule en respectant les autres et sans se mettre en danger, il y a fort à parier que les forces de l’ordre nous laissent tranquille.

Obligation de porter une zone réfléchissante :
Le gouvernement a suspendu l’application de cette loi sine dié, le temps d’étudier son utilité. En effet dans l’état les conditions d’applications peuvent paraître étranges. Cependant ce sujet a l’avantage de mettre le doigt sur un problème : la visibilité des motards de nuit lorsqu’ils se sont mis au tas. En effet, lorsque l’on roule, nous sommes à priori visibles. Mais qu’en est il lorsque  nous sommes à terre et la moto dans le fossé ?
En résumé, sans attendre d’y être obligé par une loi, il est important de se rendre visible (soi et  son passager)  lorsque nous prévoyons de rouler de nuit.

Les PV à la volée :
Cédric nous explique que seules quelques infractions sont susceptibles de faire l’objet d’un PV « à la volée », les autres nécessitant d’arrêter le contrevenant lors de l’infraction :

– Non paiement d’un péage
– Stationnement gênant
– Excès de vitesse inférieur à 50km/h (ne rêvez pas au dessus de 50km/h, c’est un délit, ils en rechercheront l’auteur)
– franchissement d’un feu rouge
– Ne pas marquer l’arrêt à un « Stop »
– non respect des distance de sécurité
– Utilisation certaines voies réservées (bus, cyclistes, …)

Attention, cela ne signifie pas qu’il faut se tirer en vitesse dans les autres cas. Ne pas se soumettre à un contrôle est un délit de refus d’obtempérer, et comme tout délit, les forces de l’ordre peuvent en rechercher l’auteur.

Modification du carénage d’une moto (question de Bertrand)
Il est tout à fait autorisé de modifier le carénage d’une moto tant que celle si ne dépasse pas 2 m de large.  Cependant ce type de modification s’accompagne généralement du changement des optiques et clignotants rendant ainsi la moto non conforme à sa réception par la DRIRE.

Rouler sur le trottoir pour éviter les bouchon et passer un feu (Question d’Alan)
réponse : « Ben c’est interdit, partout, tout le temps. Et tu passeras a la brigade après le CPM… »

Stationner sur le trottoir
Ben… c’est interdit.

Homologation/ Bruit (question de merkava, qui a une Harley, d’où la question…)
« Puis je être verbalisé pour un pot exagérément bruyant ou doit il y avoir un contrôle sonore pour vérifier la conformité à la CG ? »
La conformité à la CG et la gêne dû au bruit sont 2 choses différentes. Si le fonctionnaire estime que l’on fait trop de bruit et que cela gène le voisinage (genre passer en 1ere à 50 km/h dans une ruelle la nuit), il va nous « gratter ».
De plus il existe des modèles de moto dont la CG n’indique pas de limite de bruit acceptable.
En ce qui concerne l’homologation, si le pot (ou toutes autres pièces)  ne correspond pas au numéro CE inscrit à la réception par la DRIRE, il n’est pas homologué monté sur la moto (subtile…). Cela concerne la plupart des pots adaptables (akra, Miiv, Léo…) et même les pots de modèle plus récent de la même moto.

Le fermeur a t’il le droit d’utiliser un Gyrophare orange lorsque l’on roule en groupe (question de Fox46) :
C’est interdit. Cependant la plupart des organisateurs de courses cyclistes amateur en équipe la voiture balais sans être inquiété.

Existe il un code de la route spécifique à la A4 entre Saint Maur et la porte de Bercy ? (ensemble des questions d’Alan)
Réponse : A priori, non. Mais on se renseigne.

C’est donc en se moquant gentiment d’Alan, que nous  terminons la matinée et nous dirigeons vers le restaurant « Le Score » qui a accepté d’ouvrir exceptionnellement un dimanche rien que pour nous.

Après nous être restauré, nous retournons nous asseoir pour le cours théorique.

Nous débutons par quelques rappels sur les facteurs influant sur la stabilité de la moto : angle de chasse, empattement, effet gyroscopique. Nous abordons ensuite le contre braquage et l’importance des appuis dans la prise de virages. Et, non, les fesses ne sont pas considérées comme un appui, bien que le sujet semble beaucoup intéresser l’auditoire.

Nous détaillons les positions du pilote sur la moto en nous attardant sur les bénéfices et inconvénients de chacune, ce qui nous permet de rappeler que la position préconisée par la CASIM dans la majorité des cas reste « le corps dans l’alignement de la moto ».

Grâce à de sympathiques schémas et à quelques vidéos, Maxime nous explique les trajectoires de sécurité préconisées à la CASIM, issus de la pratique des motocyclistes de l’administration.

 

Puis nous voyons les « instincts de survie » qui nous poussent à faire les mauvais choix lorsque nous sommes en difficulté dans un virage :

– Couper les gaz : transfert de masse vers l’avant et éventuellement la perte d’adhérence.  (une petite illustration qui me fait rire…: http://www.youtube.com/watch?v=oBTGgT_V5F8 )
– Déhancher à l’extérieur pour essayer de rattraper l’elargissement de la trajectoire : ce qui oblige à plus pencher la moto et peut accentuer la perte d’adhérence
– Se contracter sur le guidon : Cela bloque la direction et empêche de bien contre braquer
– regarder la où on va se bourrer :  « la moto va la où porte le regard…  » c’est pourtant clair.
– sauter sur les freins n’importe comment : bloque la direction résultant souvent un blocage de roue et une perte de l’avant…

Ces différents points sont responsables de la majorité des chutes en virage, il faut donc les connaitre pour les combattre. Et pour cela il faut s’exercer en évitant de dépasser ses limites. En effet lorsque l’on roule au dessus de ses pompes, on apprend rien car on réagit mal.

Enfin nous parlons du contrôle des gaz dans la prise de virages. Le principe à retenir étant que lorsqu’on est dans le virage, on maintient les gaz constants et souples. Toutes modifications brusques dans l’accélération délestera ou surchargera la combinaison pneu/moto.

Après une bref pause permettant aux toxico de prendre leur dose de nicotine nous reprenons pour le partage d’expériences.

Chacun peut partager ses expériences avec les autres, nous reparlons de l’autoroute A4… merci Alan. Mais nous nous attardons finalement longuement sur les accidents et les relations avec les assureurs.

Il est 18h, il est temps de ranger et de se dire au revoir après une journée bien chargée.

Nous nous donnons rendez vous en janvier l’année prochaine.

Les preux repartent sur leur fidèles destriers, les pleutres repartent honteusement dans leur vile boite à roues, le couard rentre seul à pied dans l’obscurité et le froid de Bry sur Marne en prenant le risque de tomber sur une bande qui sévit dans le quartier : les mamies et leurs dangereuses aiguilles à tricoter ou les cadres accompagnés de leur caniche de combat.

Merci à tous d’avoir répondu présent à ce CPM.
Merci à Max de nous avoir abreuvé de son savoir.
Merci à Cédric d’avoir brillamment animé la partie réglementation.
Merci à Noémie de nous avoir prêté Jonathan (et accessoirement à Jonathan aussi ;-) )
Merci à la mairie de Bry sur Marne pour nous avoir prêté la salle et à Stéphane d’avoir trouvé les bons contacts pour cela.
Enfin merci à tous les organisateurs de cette journée encore une fois réussie.

Thomas

Des photos ? si c’est pour vous voir assis à somnoler, c’est peut être pas la peine.

 

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