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« C’est l’hiver.
On se caille.
Ça glisse.

Ça vous dit pas de faire un CPM en salle cette fois ci ? »

A cette question nous avons eu la réponse unanime de 34 Casimirs venus braver le froid et les panneaux « interdit au public », « danger de mort » et « zone contaminée ».

Pour cette journée nous avons eu le privilège de bénéficier de l’intervention bénévole de Guillaume (Taz77), formateur professionnel au premiers secours et secouriste du Samu 75. De plus nous avons eu la chance de jouir des infrastructures du CESU75 situé sur le site de l’ancien Hôpital Broussais dans le 14ème.

Le site de Broussais étant en pleine réhabilitation  il ne fut pas aisé de tous nous retrouver à l’heure prévue. Certains ont tourné quelques minutes avant d’entrer sur le site pour parquer leur véhicule (-_-)

A- Objectif du CPM:

Enseigner ou rafraîchir les connaissances des gestes qui peuvent contribuer au sauvetage de personnes impliquées dans un accident, principalement à moto.

B- Principes essentiels à retenir:

L’ordre dans lequel nous devons intervenir à une grande importance :

  1. Protéger (s’agirait pas que qu’une voiture roule sur la victime ou sur nous pendant que nous la secourons)
  2. Alerter (si les secours ne sont pas informer de l’accident, ils sont pas pret d’arriver. On pourra faire ce que l’on veut la victime aura peu de chance)
  3. Secourir (si on en a la possibilité ou le savoir faire !)

Moyen mnémotechnique : P.A.S

C- Protéger:

Il s’agit en premier lieu d’analyser et de comprendre quels sont les risques de la situation. Il faut ensuite organiser rapidement la protection vis à vis de ces risques pour :  

  1. Soi-même
    Ce n’est pas de l’égoïsme mais du pragmatisme. En effet, c’est en étant opérationnel que l’on pourra le mieux contribuer. Secourir une victime en se mettant devant un camion qui arrive à toute vitesse aura pour conséquence probable une deuxième victime : soi même !
    En premier lieu il convient de s’arrêter en sécurité en aval de l’accident, en réservant  une trentaine de mètres avec le lieu de l’accident pour les véhicules d’intervention,  d’allumer ses « warnings » et d’enfiler un gilet à haute visibilité (leur volume  est réduit et est donc compatible avec le transport à moto).
  2. Les autres intervenants
    Une situation d’accident génère souvent l’arrêt de plusieurs personnes. Il convient donc de gérer aussi leur mise en protection : arrêt en aval, occupants mis en sécurités loin de la circulation.
    Ne jamais oublier ses propres passagers ! Sur voie rapide il ne faut pas les laisser dans le véhicule. S’ils sont majeurs, équipés d’un gilet HV et utile dans le cadre du secours, ils viennent aider (alerte, balisage…) Sinon, nous les mettons hors de la chaussée, au delà des barrières de sécurités pour les protéger.
  3. La ou les victime(s)
    Si la victime est exposée à un ou des risques durables (sur un passage à niveau, ou au milieu des voies de circulation non arrêtées), il faut la dégager rapidement ( maxi de 30 à 60 secondes) de la zone de risque. Pour cela, il convient de la tirer par les mains ou par les pieds (ce qui est le plus proche du coté où l’on compte faire le dégagement) en prenant soin de s’accroupir, d’utiliser son propre poids et d’éviter se solliciter son dos. Dans le cas de risque durable, déplacer la victime pourra aggraver ses blessures mais jamais plus que le risque identifié (le camion ou le train qui arrive), l’important est de donner une chance à la victime.

Il faut ensuite organiser ou faire organiser le balisage de l’accident (les professionnels des secours parlent de « chantier ».) Il convient de faire poser en aval (sur la voie de l’accident) et en amont (autre voie) à au moins 100 mètres, des triangles de sécurité. Faire réserver l’espace nécessaire en amont pour un véhicule d’intervention qui pourra assurer un rôle de tampon et en aval pour les véhicules d’intervention des secours.

D- Alerter:

 Avant d’alerter, il faut avoir établi un « bilan d’ambiance » permettant d’être précis sur les points suivants, surtout si l’alerte est donnée loin de l’accident (borne d’appel d’urgence). Lors de l’appel les informations à fournir sont, dans l’ordre :

  1. Donner un numéro de contre-appel, au cas où la communication soit interrompue
  2. Se présenter et informer de son eventuel niveau en secourisme
  3. Nature de l’accident
  4. Risques particuliers (ex: transport de produits dangereux)
  5. Localisation précise. Utiliser tout ce qui se présente : Borne kilométrique, élément remarquable (château d’eau, ligne haute tension…), GPS de son tel ou de son véhicule.
  6. Le nombre de victimes et la gravité de leur blessure
  7. Premières mesures déjà prises

Rester courtois et se laisser guider par l’opérateur si l’on sent que l’on panique. Il faut attendre que l’opérateur nous demande de raccrocher.

Une fois l’alerte passée on peut déléguer 2 personnes au 2 croisements (aval et amont) de l’accident pour faciliter le guidage des secours.

Les N° d’alerte gratuits, quel que soit le type de téléphone :

  • le 18 Pompiers (généralement les plus rapidement sur place)
  • le 15 SAMU (les plus médicalement compétents)
  • le 112 (à utiliser en Europe hors de France)
  • le 911 (si l’on a trop regardé les séries américaines …)

Ces numéro, fonctionnent même sans carte sim sur un portable, quelque soit le réseau capté (tant qu’il y en a un)

A terme, les différents centre d’appel et de régulation seront regroupés pour une plus grande efficacité.

E- Secourir:

Cas d’une seule victime:

Un motard victime d’un accident essaie très souvent de se relever, d’enlever son casque et de relever sa moto. S’il est resté au sol et ne bouge plus, il est probable que la situation soit grave.

  1. Se rapprocher de son visage, ouvrir sa visière, lui parler et lui demander de nous presser la main pour vérifier son niveau de conscience .
  2. Dégrafer son blouson pour vérifier qu’il « ventile » (respire) bien, le mouvement régulier de son thorax étant le bon indicateur.
  3. Déterminer par inspection méthodique à l’aide des mains (pour localiser s’il y a hémorragie).
  4. S’il y a hémorragie, opérer une compression directe avec la main (boucher la plaie) et la maintenir jusqu’à l’arrivée des secours.
  5. Si la victime ventile mais n’est plus consciente, appeler à l’aide et alerter si ce n’est pas encore fait, la mettre en PLS (Position Latérale de Sécurité).Position latérale de sécurité
  6. Si la victime ne ventile plus, il faut lui pratiquer une Réanimation Cardio Pulmonaire (RCP) car la victime est en risque voire est en arrêt cardiaque
  7. Ne jamais donner à boire à une victime sans accord d’un médecin.

 

Réanimation Cardio Pulmonaire (ou massage cardiaque):

La victime doit être couchée sur un support rigide.

Découvrir sa poitrine.

Se mettre à genoux au plus près de la victime.

Positionner la paume de sa main au milieu de son sternum et se servir de l’autre main en appui supplémentaire derrière sa première main.

Se positionner les bras tendus au dessus de la victime, nos épaule à la verticale de son sternum

Pratiquer à bras tendus verticalement au dessus du sternum, des compressions énergiques d’une amplitude de 5 à 6 cm (ou 1/3 de l’épaisseur du thorax) à raison de 120/minute donc 2 par seconde ce qui est rapide et fatigant. Il ne faut pas plier les bras, c’est le dos qui imprime le mouvement

Poursuivre tant que la respiration ne reprend pas régulièrement ou jusqu’à l’arrivée des secours. Se relayer dès que nécessaire.

Adapter l’amplitude du geste à la corpulence de la victime.

  compressions_thoraciques

 Retrait du casque:

Le retrait du casque entraînant la mort du motard n’a pas de fondement sérieux.

Il est néanmoins recommandé de vérifier l’intégrité du casque. Un casque abimé doit inviter à la prudence quant à la santé de la victime.

Le retrait peut être opéré si la victime est consciente. Il faut opérer doucement en se plaçant à genou ou couché derrière la victime et adapter le geste afin que la tête ne soit maintenue jusqu’au complet retrait.

 

Cas avec plusieurs victimes:

 Ce genre de situation est très difficile à gérer pour des non-professionnels. Il faut retenir que les priorités se font souvent en faveur des victimes hémorragiques, puis celles qui ne ventilent plus et enfin les victimes inconscientes mais qui ventilent. A noter que les victimes les plus bruyantes sont rarement les plus gravement blessées.

En présence de plusieurs victimes hémorragiques, la compression à la main pourra être remplacée par des compresses en tissus (non élastique) doublée d’une boucle de serrage.

 compression

Ne pratiquer de garrot que dans  des cas exceptionnels de membres coupés doublés d’hémorragie. Le positionner entre le cœur et la plaie en serrant sur un segment avec un seul os (ex: humérus). Indiquer l’heure (SNCF c’est à dire sur 24:00 et non 2×12:00). Le garrot est une technique dangereuse pouvant déboucher sur une gangrène et une amputation.

Défibrillation avec DSA (Défibrillateur Semi Automatique):

 La fibrillation est un dysfonctionnement  du cœur. La fréquence est très élevée et l’amplitude plus faible. Il s’agit d’une activité électrique anarchique qui peut entraîner la mort si elle perdure.

La défibrillation consiste à donner un choc électrique au cœur afin qu’il reprenne un fonctionnement normal.

Les DSA peuvent être utilisés par tout le monde. Il suffit de le déballer et de suivre les instructions. Il faut d’abord poser les electrode à même la peau : 1 sur sur le côté à proximité du cœur et l’autre sur le devant de l’épaule droite (opposée). Il faut brancher le câble au DSA, de mettre sous tension et d’attendre la consigne de déclenchement du choc électrique. Au moment du choc, il ne faut évidemment plus toucher la victime.

L’utilisation du DSA ne dispense pas de la  RCP qui doit se poursuivre en alternance, jusqu’à l’arrivée des secours ou complète reprise de la ventilation spontanée.

Il conviendra d’être prudent en milieu humide, en présence de pièces métalliques ou de produits inflammables (risque d’étincelle).

Les DSA de dernières générations adaptent la puissance du choc à la corpulence des victimes (par analyse de la résistance électrique).

DSA

 

 

Chaîne de survie dans le cas d’un arrêt cardiaque 

 Dans les cas d’un arrêt cardiaque, les chances de survie d’une victime d’accident dépendent d’une chaîne qui doit tenir dans le timing suivant :

  1. Alerte précise :                                     < 2 minutes
  2. Massage cardiaque (RCP) :      < 3 minutes
  3. Défibrillation :                          < 5 minutes
  4. Soins médicaux précoces :       < 8 minutes

Autres situations

Étouffements:

 En présence d’une victime d’étouffement total (la victime ne peut plus émettre de son)  ou partiel, il faut provoquer la toux de celle-ci.

Par exemple, en l’inclinant vers l’avant et en lui donnant 5 tapes vigoureuses au milieu des omoplates:

etouf02

ou en le ceinturant par l’arrière au niveau de l’abdomen et en opérant une pression vers le haut (provoquer une pression de nature à expulser le corps étranger).

Heimlich

 

AVC (Accident Vasculaire Cérébral):

 Les symptômes sont nombreux et un non professionnel ne peut qu’alerter le SAMU (le 15), si plusieurs de de ceux-ci apparaissent :

  • mouvements perturbés
  • diction ou paroles incohérentes
  • relâchement unilatéral des muscles du visage

S’agissant des mouvements, les tests doivent être faits yeux fermés (ex: tendre les 2 bras à l’horizontal) afin d’éviter le reflex de compensation visuel.

Malaise vagal:

 Il s’agit souvent d’une brutale chute de tension avec perte ou non de la connaissance. Ce malaise est rarement grave. Il faut sécuriser la personne en position assise ou couchée et prévenir les secours les plus proches.

Enfants et nourrissons:

 Les principales différences tiennent à leur morphologie. La mise en sécurité du nourrisson devra tenir compte de la forme de son crâne de manière à ne pas entraver sa respiration ou mettre sa trachée en compression. En cas d’arrêt de ventilation, un bouche à bouche peut être pratiqué avec précaution. Insuffler très peu d’air ( ½ volume de joue d’un adulte). Ne le faire que si aucun professionnel ne peut intervenir rapidement.

De même, une RCP ne doit être pratiquée qu’avec 2 doigts pour un nourrisson et 1 main pour un enfant.

 

Nous remercions Franck, réponsable du site du CESU 75, pour nous avoir permis d’utiliser les locaux et le matériel de formation gracieusement.

Un grand merci à Guillaume pour son investissement durable auprès de la CASIM 77.

Merci à tous pour votre participation à ce CPM. Les taux de participation élevés que nous avons cette année sont une réelle récompense pour tout le travail de l’encadrement.

Enfin merci à Pierre alias Petof, pour la rédaction de ce CR très précis.

 

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